06/01/2010

A MOORE LE CAPITALISME!

L'avis de Hugues Dayez (rtbf):

La crise des "subprimes" aux USA et le cataclysme immobilier qui en a résulté ne pouvait qu'inspirer un cinéaste comme Michael Moore. Le trublion n°1 du cinéma américain avait pourtant décidé de s'intéresser au monde de Wall Street avant le déclenchement de la crise ! Avec ce nouveau documentaire/pamphlet, Moore retrouve son inspiration des grands jours. D'abord parce qu'il fait preuve d'une imagination visuelle et d'un humour féroce pour expliquer les mécanismes pervertis de l'économie américaine. Ensuite - et c'est là où il devient passionnant - parce qu'il explique avec brio les racines de l'idéologie de son pays, ce qu'il est convenu d'appeler le "rêve américain". Il montre que si les pauvres Américains de la middle class ne se révoltent guère contre les riches traders de Wall Street, c'est parce qu'ils restent persuadés que la richesse et la réussite ne sont pas des privilèges de classe, mais restent à la portée de chacun : "America, land of opportunities"... Moore démontre combien cette idéologie du "self made man" et de la réussite individuelle a créé une société dramatiquement inégalitaire, où les gestes de solidarité sont trop rares pour pouvoir inverser la tendance. Oh, bien sûr, Moore se met en scène comme de coutume, est parfois "too much"... Mais le discours qui sous-tend ce "Capitalism, a love story" reste brillant et salutaire.

L'avis d'Emmanuelle Etienne (Nord-Cinéma):

Après le port d'armes aux Etats-Unis (Bowling for Columbine), la guerre en Irak (Farenheit 9/11), et le système de santé américain (Sicko) Michael Moore s'attaque à un nouveau problème de taille : la crise économique. Comme à son habitude le cinéaste nous propose un documentaire divertissant où la mise en évidence de scandales politiques est traitée aussi bien de manière journalistique que de manière humoristique.
Malheureusement comme à son habitude également Moore a tendance à simplifier à outrance des sujets complexes. Son film, qui aurait pu s'intituler « le capitalisme pour les nuls », ne fait que mettre en exergue le combat des pauvres ouvriers contre le gouvernement qui s'en met plein les fouilles. Même s'il existe un fond de vérité dans ces affirmations, tout ne peut pas être aussi évident. Il existe beaucoup de cas particuliers qui auraient permis de nuancer le discours et dont le réalisateur a choisi de faire abstraction.
Moore se met réellement en position de donneur de leçons et achève son film sur un propos moralisateur beaucoup trop extrémiste nous présentant le capitalisme comme étant le mal incarné qu'il faut absolument éradiquer de notre société pour pouvoir survivre. Il reste le documentaliste qu'on a toujours connu, un investigateur au culot démesuré mais à la parole trop démagogue. Un pamphlet sur le pouvoir du fric qui nous fait passer un agréable moment mais qui n'arrive pas à supplanter la claque qu'on était «  Bowling for Columbine » ou « Farenheit 9/11 ».

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Bon, quand je l'aurai vu je vous donnerai mon avis...au cas où ça intéresserait quelqu'un?!

15:29 Écrit par Gregg Le Rouge - La Lutte Continue... dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Oui, attends de voir, Gregg et forge-toi une opinion personnelle. Moore est un lourdaud.
La provocation est l'argument des médiocres, c'est bien connu.
Lui aussi doit manger alors il exploite le filon...
Sous l'apparence de dénoncer le capitalisme, en vendant sa pellicule, que fait-il?

Écrit par : Tony | 06/01/2010

Double face Gregg, j'espère que tu ne confonds plus les chasseurs avec les braconniers; et tu sais ce qu'on appelle l'opposition contôlée? Une opposition bidon, simplificatrice, réductrice, tapageuse, adverse en paroles mais pas en actes, présente juste pour donner une illusion de pluralisme et de démocratie. Elle doit donner aux gens coincés dans la mentalité bipartite l'impression que chaque camp du peuple est écouté et représenté. Mais c'est du flanc, les deux partis principaux sont aussi vendus l'un que l'autre.

Et ils ont chacun leurs idéologues, leurs écrivains, leurs acteurs, leurs ONG, et leurs cinéastes. Comme Michael Moore, grosse pompe à fric et rabatteur de supporters pour un camp, et payé par les deux...

Écrit par : Ben | 06/01/2010

de manière générale, quand on dénonce quelque chose, on est adulé par les uns et conspué par les autres. C'est le jeu!
Un autre exemple, dans une sphère différente: les systèmes d'exploitation et les logiciels gratuits...ont leurs ardents défenseurs et leurs ardents détracteurs....
Encore un autre: les médecins adeptes de la médecine gratuite (entendons bien "sans ticket modérateur")...traînés en justice par l'Ordre des Médecins et adorés par les marxistes...

Écrit par : Gregg | 07/01/2010

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