27/05/2008

L'EMPEREUR SE LIVRE...

 di rupo veugla

"LE SOIR" a interviewé l'Empereur Di Rupo à propos de SES dernières décisions et réactions.

Pour vous, en intégrale et sans filet:

Par un samedi à midi baigné d'un soleil doux, au cœur de sa ville, Mons, à l'une de ses tables préférées, italienne, à deux pas de la Grand-Place, Elio Di Rupo n'est pas moins tendu, agacé de la tournure des événements au fédéral, et « furieux », dit-il, de voir « comment on attaque le PS »…

Le super-conseil des ministres de vendredi n'a pas débouché sur des grandes décisions socio-économiques. Que fait le PS dans ce gouvernement ?

Un : ce n'est pas nous qui avons voulu y aller, on nous a appelés. Deux : on – Verhofstadt – nous a appelés après six mois de chaos. En novembre 2007, le pays était dans l'angoisse. Trois : à l'exécutif, on peut faire avancer les choses plus rapidement qu'à partir du Parlement, même si, là, le verbe est plus fort. Enfin, ce gouvernement n'a pas pour unique mission de s'occuper de réformes institutionnelles, mais de réformes sociales. C'est notre exigence.

Le 15 juillet, date à laquelle est attendue la nouvelle « déclaration » gouvernementale d'Yves Leterme, c'est une deadline ?

Un moment extrêmement important. Nous voulons des perspectives concrètes.

L'idée s'est répandue que le PS « s'accroche » au pouvoir

C'est vous qui le dites ! Il faut arrêter d'attaquer le PS d'une manière injustifiée. Donnez-moi un exemple ! Qu'est-ce que ça veut dire ? On nous a appelés. Nos ministres travaillent. En quoi s'accrocherait-on ?

Appelés, n'étiez-vous pas en mesure d'imposer plus vite les réformes sociales ?

Nous sommes un des cinq partis de la majorité, et dans l'accord de gouvernement, nous avons inscrit ce que nous avons cru devoir inscrire.

Votre choix de la participation ne fut donc pas une erreur ? Pas de regret ?

Non. Je suis toujours assez estomaqué. Pourquoi ne posez-vous pas la même question aux libéraux ? Au CDH ?

Eux sont sortis des législatives avec une image de gagnants....

L'image, c'est celle qu'ils ont voulu se donner et que vous leur donnez. Si le gouvernement devient une affaire virtuelle, écrivez-le.

Mais il y a l'image d'un gouvernement au centre droit, avec un PS en particip-opposition

… On n'en est que plus indispensables ! Cette manière de nous harceler sans cesse est insupportable. Alors qu'on fait l'effort de gouverner dans des conditions difficiles, et qu'on n'est pas dans le confort de l'opposition, je sens comme un acharnement.

Pourquoi ?

L'air du temps.

Des critiques viennent de vos propres rangs, de la FGTB, où se loge un électorat de gauche, qui pourrait vous être favorable…

On ne retient qu'une phrase du discours d'Anne Demelenne (secrétaire générale de la FGTB, NDLR) au 1er Mai, parce que cela arrange ceux qui veulent être dans le camp des détracteurs du PS. Alors que ce qu'elle a dit globalement n'a rien à voir avec notre parti. Du reste, que la FGTB porte des jugements critiques sur le PS, cela ne me heurte pas.

Donc vous ne considérez pas que la FGTB vous dit en gros : « Sortez de ce gouvernement. »

Je ne l'ai pas entendu. D'ailleurs, que la FGTB le souhaite ou pas, elle serait encore en droit de souhaiter ce qu'elle veut. Mais ce n'est pas elle qui fait la loi au PS et ce n'est pas le PS qui fait la loi à la FGTB ; fort heureusement.

Leurs critiques sont injustifiées ?

Mais lesquelles ? Sur des points du passé, comme le pacte des générations, la FGTB garde des inquiétudes. On en a discuté.

Ils visent aussi l'activation des chômeurs de plus de 50 ans, l'introduction prévue de l'épargne-temps.

Ces critiques, on les a entendues, et on a répondu. La plupart des problèmes difficiles, nous les mettons à l'étude à la concertation sociale patrons-syndicats.

Quelles mesures sociales voulez-vous pour le 15 juillet ?

Nous travaillons sur la tarification de l'énergie, pour les personnes en difficulté ; je vois aussi la simplification des plans d'embauche, la hausse des salaires (via les prestations sociales comme par le biais fiscal), y compris du salaire minimum, ou encore le treizième mois pour les allocations familiales. Voilà quelques exemples. Il faut un début d'exécution, des mesures concrètes.

Sinon ?

Cela posera un problème.

C'est quoi « un problème » ?

Il faudrait discuter avec les partenaires. Et à l'intérieur du PS.

De votre participation ?

Du rôle de ce gouvernement…

… Vous n'êtes pas prêt à mettre votre participation en jeu ?

Si ! On pourrait aller jusqu'à mettre en cause notre participation. En congrès du parti.

En tout cas, pour l'institutionnel, c'est mal parti au fédéral. BHV…

On peut répondre à la Cour constitutionnelle par d'autres mécanismes que le splitsing. Et si les partis flamands maintiennent leur exigence, de toute façon, la scission ne pourra pas être pure et simple. Les francophones ont des raisons de géostratégie.

« Géostratégie », carrément…

Oui. Voici mon raisonnement… Les francophones autour de Bruxelles ont trois types de droits liés aux personnes : un droit électoral, leur permettant de voter pour des personnalités bruxelloises ; ils peuvent être jugés en français en justice ; enfin, il y a les facilités dans six communes. Ces trois types de droits constituent comme des ponts, qui enjambent la frontière linguistique, signifiant qu'elle n'est pas une frontière d'État. Toute la stratégie des responsables politiques flamands est de faire sauter ces ponts l'un après l'autre, afin d'isoler Bruxelles en Flandre, et d'affirmer la frontière linguistique comme une frontière d'État potentiellement. Ce schéma, nous n'en voulons pas. Il ne passera pas.

Et si la Flandre fait le pas de l'autonomie ?

Alors, notre réponse sera d'unir Bruxelles et la Wallonie. On trouvera bien sûr une solution pour la minorité flamande de Bruxelles, de 100.000 personnes environ. Notre cadre sera celui d'une fédération francophone.

Avez-vous fait votre deuil d'un nouveau compromis à la belge ?

Le pire ne se produit pas nécessairement et le meilleur se fait parfois attendre.

Quand vous parlez de tout cela à Yves Leterme, que dit-il ?

A titre individuel, il est favorable à un compromis raisonnable. Mais il est dans un cartel, le CD&V/N-VA. Où il doit y avoir une discussion pour déterminer ce qu'ils veulent. Les partenaires de gouvernement doivent savoir à quoi s'en tenir, y voir clair dans les prochaines semaines.

Est-ce électoralement risqué pour le PS de rester dans un gouvernement comme celui-ci ?

Vous savez, les prévisions… Sous la législature Verhofstadt, nos ministres avaient accompli un travail remarquable, de l'avis de tous, mais il y a eu les « affaires » de Charleroi : 17 minutes de JT à quelques jours du scrutin, etc. Des choses excessives qui ont eu un dur impact dans l'isoloir.

La « gauche » en Europe ne connaît-elle pas un problème plus profond, culturel ?

Les gauches ne sont pas damnées, mais à la veille d'un retour massif. Nous entrons dans une phase historique où les pouvoirs publics seront appelés à rejouer un rôle important, et où la question sociale dominera. Cela donne tout leur sens aux partis de gauche, socialistes singulièrement.

crédit: www.lesoir.be

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On va encore dire que je casse du Di Rupo, mais il faut reconnaître qu'il joue son rôle de faux-cul à la perfection!


En acceptant (négociant?) la participation du PS dans ce gouvernement fantoche, L'empereur n'a pas rendu service au parti et à ses militants. Il joue cavalier seul, comme depuis tant d'années et l'homme nouveau, intelligent, intègre et honnête qu'il semblait à mes yeux il y a 10 ans s'est muté en tyran calculateur et opportuniste.


Pourquoi ne pas reconnaître la défaite de juin 2007 et utiliser le temps à passer dans l'opposition pour se remettre en question, discuter ouvertement et avec la base de QUI NOUS SOMMES ET DE CE QUE NOUS VOULONS FAIRE POUR DEMAIN!


Les idéaux de gauche ont été repris par une droite capitaliste sans scrupules et menteuse...et ça a marché! Mais ça ne marchera que sur le papier...ne serait-ce pas l'occasion de démontrer que les valeurs qui ont fondé le PS sont toujours d'actualité et que les problèmes de pauvreté ne peuvent être résolus par la seule voie du capital.


Le socialisme est une utopie, mais le capitalisme est une chimère qui n'a pour réponse aux problèmes de pauvreté que l'argent...mais pas pour tout le monde.


Sinon, on l'appellerait "communisme".

11:45 Écrit par Gregg Le Rouge - La Lutte Continue... dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Sacré noeud pap' Bonjour,
Il évite les questions , il botte en touche grâce à la rhétorique , si le journaliste l'avait affronté plus directement , il se serait insurgé et aurait crié au non respect de la démocratie , et aux tentatives de manipulations et d'accréditations de l'extrême droite ... comme il l'a déjà fait !

Écrit par : Oiseaux de proie | 27/05/2008

pouvoirs publics question sociale, il vient de s'affilier chez toi camarade?

Écrit par : Grand Sénéchal | 28/05/2008

réponse heu...au club d'aquariophilie en tout cas, non.

Écrit par : Gregg | 28/05/2008

rien de neuf sous le soleil Di Rupo ne dit rien de nouveau. il continue son petit chemin qui fait que, depuis longtemps déjà, le PS est à un parti de gauche ce qu'est la musique militaire à la musique symphonique. Le dernier président socialiste du PS ( avec toutes ses "particularités") était Cools. Elio a transformé un parti de militants en un ensemble de carrièristes genre " la voix de son maître" et d'évaporées à la plastique digne des présentatrices d'RTL-TVI.
Notre bonne ville, dont tu es l'un des chantres, n'échappe pas à la régle. Ainsi, pour obtenir une majorité que lui refusaient les urnes, le PS local ( dans son ensemble; je ne veux stigmatiser personne);parti qui, de tradition historique a une vocation sociale prioritaire n'a rien trouvé de plus urgent que de céder l'ensemble de ce secteur ( C.P.A.S., Habitations Sociales) au...MR! Le PS binchois a prouvé toute l'attention qu'il portait à ce secteur! Il faut dire que dans une équipe scabinale où on découvre sur une banquette de foot, 6 mois avant les élections qu'on est socialiste...
Bref, Gregg, ton analyse est fine et utile pour le sommet du parti mais je t'invite à l'appliquer au niveau local.

Écrit par : raymond | 29/05/2008

raymond il y a du vrai dans ce que tu dis au niveau local mais j'aimerais préciser tout de même quelques points:
- la présidence du cpas a été cédée au mr, mais n'oublie pas que c'est le groupe union qui est toujours majoritaire au conseil de l'aide sociale. Du reste, il faut avouer que le président (avec lequel je n'ai pas d'affinités particulières non plus) a plus la fibre sociale que certains socialistes. Ce sens là, on l'a ou on l'a pas...
- la présidence des HS est aussi au mr, mais depuis la fusion, les Habitations Sociales de Binche doivent composer leurs projets avec Anderlues (PS) et Morlanwelz (PS). Estinnes est plutôt mr, c'est vrai.

Sincèrement, quand je vois ce qui nous attendait avec UNION (liquidation pure et simple de la RJM, privatisation de plusieurs services communaux, etc.), je ne suis pas mécontent de la tournure que les choses ont pris avec le "renversement". Je parle ici uniquement en tant que citoyen soucieux de sa ville.

Par contre, au point de vue de la moralité, là...tu te doutes de ce que je pense vraiment...

Écrit par : Gregg | 29/05/2008

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