27/11/2006

VIVA CORREA!

Le candidat de gauche anti-américain
a remporté dimanche soir l'élection présidentielle en Equateur avec une avance moyenne de 14 points sur le milliardaire conservateur Alvaro Noboa, selon les dernières projections.
"Grâce à Dieu, nous avons gagné", a déclaré à Quito devant une foule de sympathisants l'ancien ministre de l'Economie, un nationaliste ouvertement anti-américain, proche du président vénézuélien Hugo Chavez.
"Après des années de politiques sociales et économiques d'exclusion (...), ils n'ont pas réussi à nous voler l'espoir", a ajouté M. Correa, crédité de 56,9% des voix et 14 points d'avance, selon une projection électorale confirmant trois sondages de sortie des urnes.
Le candidat de gauche était crédité de 66% des voix selon des résultats officiels portant sur 14% des bulletins.
Dans une conférence de presse dans son fief familial de la localité portuaire de Guayaquil (sud-ouest), Alvaro Noboa a déclaré qu'il "n'acceptait pas les résultats car il n'y a pas de résultats officiels".
"C'est un scénario qui a été préparé" en faveur de Correa, a accusé l'homme d'affaires, première fortune du pays, à la tête de 120 entreprises.
Les résultats officiels ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, a averti le Tribunal suprême électoral (TSE).
Un concert de klaxons a salué l'annonce de la victoire du nationaliste équatorien dans les rues en liesse de la capitale, brutalement envahies de drapeaux nationaux.
Des milliers de personnes se sont réunis dans la soirée devant une grande scène en plein air, installé près du siège de campagne de l'ancien ministre.
"Le peuple uni, jamais ne sera vaincu! ", "Oui, on a réussi", a scandé la foule. "L'Equateur a toujours été dirigé par des partis corrompus. Aujourd'hui, ce n'est pas un parti, mais un pays qui a gagné", a confié à l'AFP Julio Frente, un ingénieur de 52 ans.
"On a eu peur des fraudes électorales jusqu'au bout, mais les gens ont manifesté un tel soutien que personne n'a même osé essayer de tricher", a pour sa part estimé Johnny Munoz, un jardinier de 32 ans, affirmant qu'une victoire de Noboa aurait provoqué "une guerre civile".
Lors d'une conférence de presse, Rafael Correa a annoncé son intention de "rejoindre l'Opep" (Organisation des pays exportateurs de pétrole), que l'Equateur avait quitté en 1992.
"Si c'est possible nous réintégrerons l'Equateur dans l'Opep parce que seulement unis, nous pourrons nous imposer devant les pays pétroliers", a-t-il estimé, fixant à son futur gouvernement la tâche de "chercher des unions avec d'autres pays pour affronter les pouvoirs hégémoniques du monde".
L'ex-ministre souhaite imposer une renégociation des contrats pétroliers avec les multinationales opèrant dans le pays, cinquième producteur d'Amérique latine avec 543.000 barils de brut par jour.
"Chavez est mon ami personnel mais dans ma maison ce ne sont pas mes amis qui commandent, celui qui commande c'est moi", a-t-il dit dimanche après l'annonce de sa victoire.
"Je ne suis pas une nouvelle version de Chavez ou de Fidel Castro", a-t-il aussi indiqué tout en soulignant qu'il "coopérerait avec Caracas sans compromettre la souveraineté du pays".
"Ce serait merveilleux si le gouvernement de Caracas pouvait aider l'Equateur à éponger sa dette extérieure de 11 milliards de dollars", a-t-il ajouté à moins, a-t-il ironisé, que le présidenr américain soit prêt à lui "offrir les mêmes avantages".

08:59 Écrit par Gregg Le Rouge - La Lutte Continue... dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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