20/08/2005

LETTRE DU CHE A SES ENFANTS.

A mes enfants

Chers Hildita, Aleidita, Camilo et Ernesto,

Si un jour vous avez à lire cette lettre c'est que je ne serai plus parmi vous.

Vous m'aurez presque oublié et les plus petits ne se souviendront de rien.

Votre père a été un homme qui agit comme il pense, et qui sans aucun doute a été fidèle à ses convictions.

Devenez de bons révolutionnaires. Etudiez beaucoup pour maîtriser la technique qui permet de dominer la nature. N'oubliez pas que la Révolution est ce qu'il y a de plus important et que chacun de nous, tout seul, ne vaut rien.

Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire.

Adieu, mes enfants, j'espère encore vous revoir. Un gros baiser de

Papa


09:16 Écrit par Gregg Le Rouge - La Lutte Continue... | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

Coincidence Magnifique lettre d'un père à ses enfants....Avec toujours chez lui cette formidable envie de lutter contre l'injustice...
Juste avant de lire ton post, je suis tombé sur cette info...(sans rapport)

Le photographe bolivien Freddy Alborta, qui avait pris en 1967 la célèbre photo du cadavre du guérillero argentino-cubain Ernesto "Che" Guevara, est décédé à La Paz à la suite de problèmes cardiaques.
Son cliché sur lequel le Che, torse nu, semblait être vivant et regarder l'objectif, avait fait le tour du monde et avait été comparé au tableau du "Christ mort" d'Andrea Mantegna.

Écrit par : Seb | 20/08/2005

merci Seb pour ces infos.
bonne jouréne (sous la pluie).

Écrit par : Gregg Le Rouge | 20/08/2005

Les héros... Cher Gregg,
Sur mon blog aujourd'hui:
"Quelle différence cela fait-il aux morts, orphelins et à ceux qui ont perdu leur maison, que ces destructions ont été faites au nom du totalitarisme ou du saint nom de liberté ou de démocratie?
Mahatma Gandhi."
Amitiés.

Écrit par : Armand | 20/08/2005

chacun crie comme il peut http://theatre-danse.fluctuat.net/blog/832_Des+clowns+salutaires+!+Le+Tony+Clifton+Circus.html

vu à chassepierre.

comme dirait bernard lavillier : ".de n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur......un cri qui vient de l'intérieur"

Écrit par : gride | 22/08/2005

magnifique magnifique n'est pas le mot juste....
pathétique

Écrit par : gride à seb | 22/08/2005

sans commentaire SYLVIE MILLER


Lettre à mes petits enfants
Une missive douce amère…



Mes chers petits,

Ce matin, un rayon de soleil a filtré dans ma cellule. Il s'est faufilé entre deux planches du baraquement. Un rai de lumière dorée dans lequel dansait la poussière desséchée du camp. Je l'ai longuement regardé de la paillasse où je passe maintenant le plus clair de mon temps. C'était beau. Et vivant.

Cela m'a rappelé d'autres images. Des souvenirs de paysages radieux, de verdure et de grands espaces. Il y a des années que je n'ai pas revu le bleu du ciel. Depuis que je suis clouée au lit, j'ai du mal à compter les jours. Je n'ai même plus la force de graver des marques dans le bois de ma casemate avec le petit caillou trouvé sous mon grabat. La dernière fois que je l'ai fait, j'ai compté douze années et cent dix-huit jours. Mais quand était-ce ?

Avez-vous des nouvelles de vos parents ? Savez-vous s'ils sont sortis du camp de rééducation ? Au début, lorsqu'on m'autorisait encore à sortir, je voyais de temps en temps votre mère, de loin, à travers les barbelés. Elle était courageuse. Elle a beaucoup souffert lorsqu'on vous a pris pour vous emmener dans cet institut d'éducation pour la Jeunesse. C'est parce qu'ils ont refusé de vous voir partir que vos parents ont été internés. Mais vous en souvenez-vous seulement ?

Votre tante est morte. Enfin, je crois. L'autre nuit, j'ai vu son fantôme et j'ai pleuré. Elle est partie ailleurs, pour ressentir un peu de paix, sans doute… J'espère qu'elle a retrouvé le pays où les hommes sont libres. Celui qu'elle a connu, petite fille. Celui d'avant la peste noire.

J'avais cinquante quatre ans lorsque la puanteur a commencé à déferler sur nous, comme la marée qui monte, en des vagues obstinées qui avancent et finissent par tout engloutir. À l'époque, nous brandissions devant nous une arme que nous pensions invincible : la démocratie. Lorsque nous avons compris, il était trop tard.

Au début, les mouvements de protestation ont été nombreux. Et puis, peu à peu, la gangrène a envahi les esprits. Au fur et à mesure qu'on épurait la société, le discours totalitaire s'ancrait de plus en plus profond. C'est à cette époque que j'ai rejoint la cellule Oxymore, un groupe de résistants regroupés sur le net pour défendre la liberté. J'ai milité activement avec les dirigeants. Bien sûr, on nous a pourchassés. Mais nous réussissions à infiltrer des messages dans le réseau, à pirater des sites pour faire passer nos idées. Oui, je sais, je vous ai déjà raconté cette histoire des centaines de fois. Mais une grand-mère, ça radote toujours un peu…

Je repense souvent à mes compagnons d'Oxymore. La résistance était tenace, avec des ramifications dans toute l'Europe. Je suppose qu'ils sont toujours actifs. Dans le cas contraire, serais-je encore en vie ? Lorsque les Milices m'ont capturée, ils m'ont torturée pour me soutirer des renseignements : un nom, une adresse, un code, n'importe quel indice qui leur aurait permis de remonter la filière pour démanteler notre réseau. Mais je n'ai pas parlé. Depuis plus de douze ans je n'ai pas prononcé un mot, un cri, ni même un soupir. Ils me battent, me violent, m'affament, m'isolent, me droguent, m'humilient, pour rien. La seule dignité qui me reste se résume à mon silence.

Et mon seul refuge, ma seule raison de vivre se trouvent dans ces lettres que je rédige tous les jours. Chaque matin, j'imagine que je prends mon bloc de correspondance, mon stylo, et je vous écris dans ma tête. Ensuite, je brûle la lettre. Parce qu'une fois écrite, je dois en oublier jusqu'au souvenir. S'ils le savaient, ils utiliseraient cela contre moi. Pour m'affaiblir. Or, ils ne doivent trouver dans mon esprit que le vide.

Il me faut maintenant vous laisser. C'est bientôt l'heure de l'interrogatoire. J'entends le bruit des bottes dans la cour. Ensuite, ce seront les clés dans les serrures. Et la douleur.

Je vous embrasse tendrement avant de laisser ces mots partir en fumée. J'espère pouvoir vous écrire encore demain…




Sylvie Miller, traductrice, écrivain, citoyenne du Monde, qui croit encore désespérément en l'Homme et qui voudrait qu'il se réveille…

Écrit par : gride | 22/08/2005

gride bernard lavilliers? celui qui dit qui n'a que lui qui sait ce qu'est le socialisme??? hahahaha laisse-moi rire!

Écrit par : Gregg Le Rouge | 22/08/2005

hahahah oui greg t'a raison
un vrai frimeur en plus mais bon ....c'est une stareeeeeeeeee

Écrit par : gride | 23/08/2005

LE CHE était unj sale criminel, car communiste ! une pourriture criminelle, un ennemi effroyable de la liberté ! il ne vaut pas la peine qu'on s'intéresse à lui !! c'est une sale pourriture ! un sale rouge ! un sale criminel !!

Écrit par : Jules | 11/09/2005

Jules t'es qu'un pauvre con.

Écrit par : Gregg Le Rouge | 16/09/2005

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